35 ans et des douleurs articulaires : c'est déjà la vieillesse ?
Avoir 35 ans et des douleurs articulaires n’est pas un signe de vieillesse mais de douleurs chroniques qui empoisonnent le quotidien : même les enfants peuvent en avoir !
Selon l’Inserm un jeune de 18 à 24 ans sur 3 se plaint déjà d’avoir mal aux articulations. Comme l’indique le Quotidien du Médecin, l’arthrose est une dégradation du cartilage, dont l’âge est le facteur de risque le plus important. Mais cela n’empêche pas aux jeunes adultes d’en être déjà atteints. Et même que d’autres pathologies, qui font aussi mal aux articulations, n’épargnent pas les moins de 40 ans.
Les raisons de ces arthralgies (douleurs articulaires) sont variées. Cet article fait le point sur les causes, les symptômes et propose aussi des solutions.
SOMMAIRE
Pourquoi peut-on avoir 35 ans et des douleurs articulaires ?
Il y au moins 4 types de réponses : facteurs génétiques ou congénitaux, activité physique, habitudes de vie, maladies.
Facteurs génétiques et congénitaux
On ne peut pas y faire grand chose. Ces facteurs, ou leurs conséquences, peuvent se manifester tôt dans la vie des personnes atteintes et provoquer des douleurs articulaires.
- Les risque d’arthrose, de spondylarthrite ankylosante et de maladies auto-immunes (lupus érythémateux ou le rhumatisme psoriasique) ont une composante génétique. Toutes ces maladies provoquent des douleurs musculaires.
- Certaines personnes naissent avec des anomalies congénitales, développées durant la grossesse.
- La dysplasie de la hanche peut provoquer précocement de l’arthrose ou des douleurs à l’articulation. Cette luxation de la hanche une composante génétique. Certaines études avancent que les personnes originaires de certaines régions de Bretagne ou du Portugal sont plus à risque (mais il ne faut pas en faire une généralité).
- La scoliose, une courbure anormale de la colonne vertébrale, peut provoquer à un jeune âge des problèmes articulaires de dos.
- L’hyperlaxité articulaire, une souplesse excessive des tendons des articulations, a une composante congénitale et génétique. Elle est considérée comme héréditaire lorsqu’elle résulte d’une déficience collagène appelée syndrome d’Ehlers-Danlos. Elle pourrait aussi être congénitale si les hormones maternels libérées pendant la grossesse interagissent avec les tissus du fœtus. La position du bébé dans le ventre maternel peut aussi être une raison mécanique de ce problème.
L'activité physique
L’excès, mais aussi le manque d’activité physique (abordé dans les raisons liées au mode de vie), peuvent causer très tôt des douleurs articulaires qui vont parfois devenir chroniques.
- sport à haut niveau, entraînements intensifs : je suis bien placé pour en parler, en tant qu’ex-athlète professionnel. La probabilité qu’une personne jeune soit concernée est évidente. Certains sports, comme le rugby que je connais bien, sont à impact et demandent de sauter, d’atterrir et de changer de direction rapidement, d’aller au contact : c’est une pression considérable et très variée sur les articulations. Les entraînements intenses, avec peu de périodes de repos, peuvent provoquer l’inflammation des tendons et des ligaments (tendinites) et surcharger les articulations. Les muscles stabilisateurs peuvent aussi être mis à mal. Chez les jeunes en pleine croissance, les os, les muscles et les articulations toujours en développement sont vulnérables aux blessures et aux douleurs articulaires.
- mauvaise technique sportive : tous les sportifs sont concernés par ce problème. Une technique ou une pratique inadéquate peuvent abîmer les articulations et faire souffrir.
- blessures sportives ou pas : mal soignées, non traitées qui laissent des séquelles.
- de mauvaises postures, des mouvements répétitifs au travail : devant un ordinateur ou une console de jeux ( tendinites à l’articulation du poignet, douleurs cervicales ou dorsales), tâches répétitives, port de charges lourdes, usage de machines vibrantes, positions contraignantes penchées, à genoux, accroupi(e) etc., ou même un environnement trop froid.
Mode de vie
Ces 5 facteurs sont imbriqués et assez dévastateurs chez les jeunes au plan articulaire, mais pas seulement.
- sédentarité et manque d’exercice : une augmentation du risque de problèmes musculo-squelettiques. Un corps qui ne bouge pas assez se fige et se « rouille » et je ne parle pas d’autres problèmes de santé prévisibles.
- temps passé sur les écrans en tous genre : relisez le point précédent sur les mauvaises postures. Effet combiné avec le manque d’activité physique.
- alimentation déséquilibrée et inflammatoire : les jeunes adultes peuvent être friands d’aliments pro-inflammatoires qui font grossir : plats industriels, fast-food, alcools, boissons sucrées. Leur coût abordable et le marketing intensif font des ravages.
- surpoids et obésité : tout kilo supplémentaire exerce une force disproportionnellement (à peu près 3kgs de pression par demi-kg de poids) plus importante sur les articulations des genoux, des hanches et des chevilles. Cette surcharge accélère l’usure du cartilage et des tissus protecteurs. Le tissu adipeux libère des substances inflammatoires (cytokines) qui peuvent contribuer à cette dégradation.
- renfermement sur soi : quel lien avec les douleurs articulaires ? Un rapport indirect mais réel. L’isolement social se traduit par une perte de motivation à bouger, faire de l’activité physique et à un risque de se réfugier dans une alimentation déséquilibrée. Les relations sociales aident aussi à moins être focalisé sur la douleur.
État de santé
Les jeunes adultes peuvent aussi souffrir de maladies chroniques qui leur provoquent des douleurs articulaires. Globalement, le pourcentage de personnes atteintes reste relativement faible (selon une étude américaine du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) portant sur les années 2013-2015, environ de 7 % des 18/40 ans auraient un diagnostic d’une forme d’arthrite.
Mais d’autres études évoquent le fait que ces pathologies chez les jeunes sont encore sous-diagnostiquées comme :
- polyarthrite rhumatoïde : cette maladie auto-immune peut se déclarer entre 20 et 40 ans.
- spondylarthrite ankylosante : elle peut apparaitre à l’adolescence et jusqu’à la trentaine le plus souvent. Elle touche principalement la colonne vertébrale.
- rhumatisme psoriasique : association d’arthrite inflammatoire et d’une maladie de peau.
- arthrite juvénile idiopathique : elle touche les enfants et parfois les adolescents ou jeunes adultes.
- lupus érythémateux systémique : une maladie auto-immune qui se déclare le plus souvent chez les jeunes femmes.
- goutte : des preuves suggèrent une incidence croissante de la goutte chez les jeunes, en particulier chez les hommes, potentiellement liée à des changements alimentaires et à la fréquence croissante du syndrome métabolique et de l’obésité.
- maladie de lyme : l’arthrite de Lyme est une conséquence tardive de l’infection due à une piqûre de tique.
Est-il possible de souffrir d'arthrose à 35 ans ?
Oui, l’arthrose n’est pas une pathologie réservée aux vieilles personnes, même si elles sont beaucoup concernées.
Des antécédents de traumatismes articulaires, des anomalies squelettiques, l’obésité et la prédisposition génétique peuvent jouer un rôle dans son développement précoce. Il y a des différences entre l’arthrose précoce et celle des personnes âgées.
- arthrose personnes âgées : elle est principalement liée au vieillissement naturel et à l’usure progressive du cartilage au fil du temps (arthrose primaire). Elle tend à être généralisée (mains, genoux, hanches, colonne vertébrale). Sa progression est plus lente.
- arthrose à 35 ans : souvent consécutive à un traumatisme, à des pathologies ou des facteurs génétiques, elle peut toucher une seule articulation ou plusieurs selon sa cause. Elle peut progresser plus rapidement.
Un certain nombre de conséquences sont similaires mais chez les plus jeunes l’impact peut être plus sérieux :
- impact socio-économique : la douleur et la perte de fonctionnalité de ou des articulations peuvent provoquer des difficultés pour maintenir un emploi, causer une réduction des revenus et des limitations dans le rôle familial et social.
- impact psychologique : se sentir différent (vieux avant l’âge) et diminué par rapport à des pairs en pleine forme. S’ajoute la contrainte de devoir modifier son mode de vie durablement.
- risques de complications : la durée de vie avec cette pathologie augmente le risque d’interventions plus lourdes.
Quels symptômes devraient alerter les jeunes adultes et les amener à consulter ?
Les jeunes adultes ont leurs raisons de sous-estimer des douleurs articulaires :
- trop jeune pour ça : les douleurs articulaires sont associées aux personnes âgées et la population jeune n’y pense tout simplement pas.
- pression sociale : pas envie de paraître faible en se plaignant et en passant pour quelqu’un qui fait des histoires.
- méconnaissance : manque d’expérience et préoccupations de santé encore limitées. Ce n’est pas un sujet de discussion à cet âge (à la différence de leurs aînés qui en raffolent parfois trop).
- contraintes de temps et d’argent : trop occupé(e) pour aller consulter, pas de mutuelle pour le reste à charge.
- état psychologique : habitude de minimiser des ressentis inconfortables ou déni de souffrir. Peur du diagnostic. Style de vie actif avec la croyance que la performance s’accompagne de douleur.
Si des loisirs prisés comme les jeux vidéos (trop mal aux poignets, aux pouces), faire de la musique (mains, poignets) ou du sport (épaules, dos, genoux, chevilles) deviennent douloureux, ce n’est pas normal.
Avoir des difficultés à ouvrir une bouteille ou à monter les escaliers, voire tenir un stylo, n’est pas habituel à cet âge.
Se réveiller endolori(e) ou avoir mal la nuit indique une probable inflammation.
Les douleurs ne sont pas non plus « juste » causées par le stress qui va s’arranger (mais le stress peut les exacerber).
Ce n’est pas une simple fatigue après entraînement : il y a une différence entre douleurs musculaires et articulaires. Les localisations, les sensations, les modalités d’aggravation et bien sûr les causes sont différentes.
Certains signaux d’alerte portent l’évidence d’un problème plus ou moins vaste. Parfois, c’est bénin et transitoire. D’autres fois plus graves comme : des douleurs vives, signes inflammatoires, symptômes complémentaires appelés systémiques (fièvre, fatigue, etc.), aggravation ou persistance de la douleur.
La consultation est-elle particulière à 35 ans et des douleurs articulaires ?
La consultation ne sera pas fondamentalement différente mais le médecin portera une attention particulière à certains aspects compte tenu de la jeunesse du patient.
Alors que chez les plus âgés, l’arthrose sera la première piste explorée, chez les plus jeunes, le médecin va s’intéresser rapidement aux :
- maladies inflammatoires, infections, autres pathologies,
- blessures et traumatismes récents ou anciens,
- historique personnel et familial,
- mode de vie.
Après un examen physique, il peut prescrire des :
- analyses sanguines : rechercher des marqueurs d’inflammation, des anticorps spécifiques à certaines maladies auto-immunes, des facteurs infectieux, etc.,
- radiographies : évaluer l’état des os et des articulations,
- échographie articulaire : visualiser les tissus mous autour de l’articulation (tendons, ligaments, synoviale),
- IRM (imagerie par résonance magnétique) : point plus détaillé des structures articulaires,
- ponction articulaire (arthrocentèse) : si une articulation est gonflée, du liquide synovial est prélevé pour l’analyser.
Quels sont les traitements proposés et les solutions de prévention ?
Le traitement est personnel, parmi ces différentes options :
- approches médicales : médicaments anti-inflammatoires et antalgiques, infiltrations (de corticoïdes pour soulager l’inflammation, d’acide hyaluronique pour lubrifier l’articulation ou de plasma pour régénérer les tissus), kinésithérapie, chirurgie dans les cas les plus graves (pose de prothèses ou opérations sur les os).
- mesures d’hygiène de vie : activité physique régulière et adaptée, alimentation anti-inflammatoire, maintien d’un poids de santé, gestion du stress, sommeil réparateur.
- thérapies de complément : ostéopathie et chiropraxie sur le système musculo-squelettique, massages (pour diminuer la tension musculaire et stimuler la circulation sanguine dans les zones douloureuses), acupuncture (cette pratique pourrait avoir des effets anti-inflammatoires et moduler la douleur).
Quelles sont les recherches sur les douleurs articulaires des plus jeunes ?
En raison d’une prévalence non négligeable et de conséquences dommageables, la recherche scientifique s’intéresse aux douleurs articulaires dès 35 ans (même si la population vieillit).
Épigénétique et arthrose précoce
Les chercheurs étudient les modifications de l’expression des gènes (l’épigénétique), sans changements dans la séquence de l’ADN elle-même. Ces études sur l’arthrose sont complexes et émergentes (par rapport à la génétique et aux traumatismes).
Les recherches explorent les profils de méthylation de l’ADN (un processus biologique sur les cellules) et les modifications des protéines basiques des cellules cartilagineuses. Certains résultats suggèrent que des évènements environnementaux précoces pourraient en être à l’origine. Les petites molécules ARN, qui régulent l’expression des gènes, pourraient être influencées par des facteurs épigénétiques.
Ces travaux veulent mettre en évidence les facteurs environnements auxquels une personne de 35 ans a été exposée durant sa vie, qui pourraient avoir programmé l’usure prématurée de ses cellules articulaires, dans un but de prévention pour tout le monde. Les thérapies épigénétiques sont également développées pour traiter ou éviter ce type d’arthrose précoce.
Microbiote et inflammation articulaire
Des déséquilibres dans le microbiote (dysbiose) sont de plus en plus reconnus jouer un rôle dans diverses maladies inflammatoires comme celles des articulations. C’est un domaine de recherche relativement nouveau.
Le mode de vie occidental des nouvelles générations (alimentation transformée, stress, usage d’antibiotiques) peut perturber l’équilibre des bactéries intestinales dès le plus jeune âge et contribuer à une inflammation chronique de faible intensité, délétère dans la durée.
Des études suggèrent que la dysbiose intestinale peut entraîner une augmentation de la perméabilité intestinale permettant à des molécules pro-inflammatoires de passer dans la circulation sanguine et d’atteindre les articulations. Certaines bactéries intestinales peuvent produire des métabolites (des molécules contribuant au métabolisme) aux effets pro-ou anti-inflammatoires systémiques qui influencent potentiellement l’inflammation et la dégradation du cartilage.
Altération des chondrocytes, des cellules du cartilage
C’est un domaine très spécifique de la biologie cellulaire et de la biomécanique : peu vulgarisé, il explique comment les forces subies par les articulations (même la marche) sont perçues et intégrées par les cellules du cartilage.
La mécanotransduction est le processus par lequel les cellules biologiques (comme les chondrocytes dans le cartilage) convertissent les stimuli mécaniques (forces, pressions, étirements) en signaux biochimiques. Ces signaux régulent la production et la dégradation de la matrice cartilagineuse.
Les jeunes actifs sont très susceptibles de subir des traumatismes articulaires (entorses, fractures, lésions ligamentaires) durant leurs activités. Ces blessures peuvent altérer la réaction des cellules du cartilage et initier ou accélérer sa dégradation à long terme.
Des recherches en laboratoire étudient la réaction des chondrocytes des jeunes adultes, explorent les voies de signalisation intracellulaires impliquées dans la mécanotransduction des chondrocytes et le déséquilibre entre la synthèse et la dégradation du cartilage.
Agir sur la façon dont les chondrocytes répondent aux forces mécaniques pourrait potentiellement éviter le développement et précoce et la progression rapide de l’arthrose.
Autres douleurs articulaires chez les jeunes adultes
La recherche ne se limite pas à l’arthrose précoce chez les jeunes adultes. Les scientifiques s’intéressent également à la manière dont l’âge influence l’étiologie, la présentation clinique, la progression et la réponse aux traitements d’une grande variété de pathologies causant des douleurs articulaires.
Quelques exemples,
- la goutte à un âge précoce : des études observent l’impact des régimes alimentaires riches en fructose, de la consommation de boissons sucrées et de l’activité physique (déshydratation et production de lactate par les muscles pendant une activité soutenue) sur le développement de la goutte chez les jeunes.
- la polyarthrite rhumatoïde : des études sur les interactions entre les gènes et les facteurs environnementaux (tabagisme, infections) dans le déclenchement de la PR des jeunes est un domaine de recherche actif. Elle a l’objectif d’identifier des biomarqueurs (molécules dans le sang ou le liquide synovial) qui pourraient prédire l’évolution de la PR à un jeune âge.
- l’arthrite septique : l’arthrite gonococcique migratoire, une infection septique (grave et inflammatoire), peut parfois avoir se présenter de façon plus atypique chez les jeunes adultes. Les études analysent l’évolution de la résistance aux antibiotiques de la bactérie responsable de cette infection sexuellement transmissible, très répandue, pour optimiser les protocoles de traitement chez les jeunes adultes.
Des douleurs articulaires à 35 ans peuvent être le signal de sortir de l’immobilisme mental et physique. Elles ne doivent pas conduire au repli sur soi. L’activité physique régulière et bien encadrée, pour ne pas se blesser et souffrir davantage, aide à faire face.
Je suis coach forme, santé et bien-être en ligne et je n’ai pas 35 ans. Suite à ma première vie de sportif de haut niveau, j’ai aussi des douleurs. Loin d’aggraver la situation, croyez moi, bouger apaise, renforce les articulations et redonne la liberté de mouvement. Ici, sur le site resterjeune.com, vous êtes au bon endroit pour vous faire du bien. N’hésitez pas à tester ma méthode contre les douleurs articulaires durant 14 jours gratuitement pour vous rendre compte.
